Histoire de Saint-Faustin

De la Repousse à Sainte-Trinité

Une église née avec le village, façonnée par les pionniers et préservée depuis plus de 130 ans au cœur des Laurentides.

Mission fondée en 1871 Église construite en 1894 Paroisse Sainte-Trinité depuis 2003
Façade de l’église Saint-Faustin

Le noyau villageois s’est développé autour de l’église, de la route et, plus tard, de la gare.

Aux origines du village

Une communauté née dans la montagne

L’histoire de l’église Saint-Faustin est indissociable de celle des familles venues ouvrir le territoire du canton de Wolfe.

À l’automne 1870, le curé Antoine Labelle traverse la région au cours d’une expédition vers les vallées de la Rouge et de la Diable. L’année suivante, le curé Maxime Leblanc de Sainte-Agathe-des-Monts accompagne des colons dans le canton. Près d’une source, sur un plateau, il détermine l’emplacement d’une future chapelle.

Le secteur porte alors le nom évocateur de la Repousse, rappelant la longue côte abrupte qui semblait refouler voyageurs et chevaux vers leur point de départ. Malgré un sol difficile et un relief exigeant, des familles s’installent progressivement dans les environs.

Une communauté prend racine

Des premières missions à l’église actuelle

En quelques décennies, une chapelle-école rudimentaire laisse place à un véritable centre religieux et communautaire.

1871

La mission de la Repousse

Le chanoine Maxime Leblanc donne naissance à une mission couvrant alors les territoires des futures communautés de Saint-Faustin, Sainte-Jeanne-d’Arc et Saint-Pie-X.

1878

Une première chapelle-école

Les premiers colons construisent près de la source un modeste bâtiment servant à la fois de lieu de prière et d’école. Une première messe y est célébrée le 8 septembre.

1879

Le nom de Saint-Faustin

Le 15 février, l’abbé Samuel Ouimet rebaptise officiellement la mission de la Repousse « mission de Saint-Faustin », en l’honneur du martyr chrétien et frère de saint Jovite.

1882

Une chapelle plus grande

La population érige une seconde chapelle. La première construction poursuit dès lors sa vocation scolaire.

1886

Le premier curé résident

L’abbé Charles-Alphonse-Émeric Brisebois devient le premier curé à résider dans la mission. Les registres paroissiaux sont ouverts cette même année.

1892 — Le chemin de fer

Le village entre dans une nouvelle époque

L’arrivée du train rapproche Saint-Faustin de Montréal et accélère son développement. Autour de la gare apparaissent un bureau de poste, un magasin général et des activités liées au bois.

Le chemin de fer facilite aussi l’arrivée des villégiateurs. Saint-Faustin et le lac Carré deviennent graduellement des lieux de séjour recherchés dans les Laurentides.

1892 Arrivée du train
4 heures Environ depuis Montréal
Village Gare, commerces et moulins
1894 — Une église au cœur du village

Le projet d’une génération de pionniers

Sous l’impulsion du curé Louis-Aurèle Corbeil, la communauté construit enfin une véritable église paroissiale à l’emplacement actuel.

Après la requête des pionniers et l’autorisation de Mgr Thomas Duhamel, archevêque d’Ottawa, le curé Corbeil dessine lui-même les plans de l’église, de la sacristie et du presbytère. L’édifice de bois mesure alors 88 pieds de longueur sur 45 pieds de largeur.

Le 27 septembre 1894, Mgr Duhamel bénit le nouveau temple. Sa silhouette blanche et son clocher deviennent rapidement le principal repère du village.

4 614,39 $ Coût de l’église, de la sacristie et du presbytère
27 septembre Date de la bénédiction en 1894
Vue latérale de l’église Saint-Faustin

L’église actuelle, élevée en 1894, demeure le principal repère du cœur villageois.

Décor intérieur de l’église Saint-Faustin

Le décor de 1908, demeuré remarquablement intact, donne à l’église son caractère exceptionnel.

1907–1908 — Le visage actuel

Agrandir, embellir, transmettre

Avec la croissance de la population, l’église est agrandie en 1907 selon les plans des architectes J.E.C. Daoust et Louis-Zéphirin Gauthier.

Le chœur est prolongé par une abside à pans coupés et la sacristie est déplacée à l’ouest. L’année suivante, l’artiste-peintre et décorateur Toussaint-Xénophon Renaud reçoit le contrat du décor intérieur.

Voûtes, murs, arches, médaillons, emblèmes et colonnes imitant le marbre composent un ensemble riche et cohérent. L’église rénovée est inaugurée le 15 décembre 1908 et est alors décrite comme l’un des plus beaux temples de la région.

12 500 $ Travaux d’agrandissement de 1907
3 800 $ Contrat de décoration de 1908
Saint-Faustin au XXe siècle

Autour de l’église, un village se transforme

L’église demeure le cœur symbolique d’une communauté dont l’économie et le paysage évoluent au rythme du tourisme, des travaux publics et des loisirs.

Dès le début du siècle

La villégiature

Le train amène des visiteurs attirés par les lacs, la pêche et les paysages. Hôtels, auberges, chalets et maisons de repos contribuent à la vocation touristique de la région.

Années 1930

La pisciculture

Aménagée durant la crise économique, la pisciculture procure du travail aux habitants. Elle devient ensuite une attraction très fréquentée, avec ses bassins, son aquarium et son petit zoo.

Milieu du siècle

Le mont Blanc

Les premières installations de ski prennent progressivement de l’ampleur. Le regroupement de plusieurs versants donne naissance au centre qui porte aujourd’hui le nom de mont Blanc.

De Saint-Faustin à Sainte-Trinité

Trois communautés, une même paroisse

Au fil du XXe siècle, le territoire paroissial se transforme. Sainte-Jeanne-d’Arc dessert Lac-Carré à partir de 1943, tandis que la desserte Saint-Pie-X répond dès 1961 aux besoins de Lac-Supérieur.

En 2003, Saint-Faustin, Sainte-Jeanne-d’Arc et Saint-Pie-X choisissent de réunir leurs forces sous un nouveau vocable : la paroisse Sainte-Trinité. Depuis 2006, l’église Saint-Faustin demeure son lieu de culte.

1917 Érection canonique de la paroisse Saint-Faustin
1943 Érection de la paroisse Sainte-Jeanne-d’Arc
1961 Création de la desserte Saint-Pie-X
1986 Consécration de l’église Saint-Faustin
2003 Naissance de la paroisse Sainte-Trinité
2006 Saint-Faustin devient l’unique lieu de culte paroissial
Un héritage toujours vivant

Une histoire à contempler et à transmettre

Plus qu’un témoin du passé, l’église Saint-Faustin demeure un lieu vivant, au service d’une communauté qui veille sur son héritage.