De la Repousse à Sainte-Trinité
Une église née avec le village, façonnée par les pionniers et préservée depuis plus de 130 ans au cœur des Laurentides.
Le noyau villageois s’est développé autour de l’église, de la route et, plus tard, de la gare.
Une communauté née dans la montagne
L’histoire de l’église Saint-Faustin est indissociable de celle des familles venues ouvrir le territoire du canton de Wolfe.
À l’automne 1870, le curé Antoine Labelle traverse la région au cours d’une expédition vers les vallées de la Rouge et de la Diable. L’année suivante, le curé Maxime Leblanc de Sainte-Agathe-des-Monts accompagne des colons dans le canton. Près d’une source, sur un plateau, il détermine l’emplacement d’une future chapelle.
Le secteur porte alors le nom évocateur de la Repousse, rappelant la longue côte abrupte qui semblait refouler voyageurs et chevaux vers leur point de départ. Malgré un sol difficile et un relief exigeant, des familles s’installent progressivement dans les environs.
Des premières missions à l’église actuelle
En quelques décennies, une chapelle-école rudimentaire laisse place à un véritable centre religieux et communautaire.
La mission de la Repousse
Le chanoine Maxime Leblanc donne naissance à une mission couvrant alors les territoires des futures communautés de Saint-Faustin, Sainte-Jeanne-d’Arc et Saint-Pie-X.
Une première chapelle-école
Les premiers colons construisent près de la source un modeste bâtiment servant à la fois de lieu de prière et d’école. Une première messe y est célébrée le 8 septembre.
Le nom de Saint-Faustin
Le 15 février, l’abbé Samuel Ouimet rebaptise officiellement la mission de la Repousse « mission de Saint-Faustin », en l’honneur du martyr chrétien et frère de saint Jovite.
Une chapelle plus grande
La population érige une seconde chapelle. La première construction poursuit dès lors sa vocation scolaire.
Le premier curé résident
L’abbé Charles-Alphonse-Émeric Brisebois devient le premier curé à résider dans la mission. Les registres paroissiaux sont ouverts cette même année.
Le village entre dans une nouvelle époque
L’arrivée du train rapproche Saint-Faustin de Montréal et accélère son développement. Autour de la gare apparaissent un bureau de poste, un magasin général et des activités liées au bois.
Le chemin de fer facilite aussi l’arrivée des villégiateurs. Saint-Faustin et le lac Carré deviennent graduellement des lieux de séjour recherchés dans les Laurentides.
Le projet d’une génération de pionniers
Sous l’impulsion du curé Louis-Aurèle Corbeil, la communauté construit enfin une véritable église paroissiale à l’emplacement actuel.
Après la requête des pionniers et l’autorisation de Mgr Thomas Duhamel, archevêque d’Ottawa, le curé Corbeil dessine lui-même les plans de l’église, de la sacristie et du presbytère. L’édifice de bois mesure alors 88 pieds de longueur sur 45 pieds de largeur.
Le 27 septembre 1894, Mgr Duhamel bénit le nouveau temple. Sa silhouette blanche et son clocher deviennent rapidement le principal repère du village.
L’église actuelle, élevée en 1894, demeure le principal repère du cœur villageois.
Le décor de 1908, demeuré remarquablement intact, donne à l’église son caractère exceptionnel.
Agrandir, embellir, transmettre
Avec la croissance de la population, l’église est agrandie en 1907 selon les plans des architectes J.E.C. Daoust et Louis-Zéphirin Gauthier.
Le chœur est prolongé par une abside à pans coupés et la sacristie est déplacée à l’ouest. L’année suivante, l’artiste-peintre et décorateur Toussaint-Xénophon Renaud reçoit le contrat du décor intérieur.
Voûtes, murs, arches, médaillons, emblèmes et colonnes imitant le marbre composent un ensemble riche et cohérent. L’église rénovée est inaugurée le 15 décembre 1908 et est alors décrite comme l’un des plus beaux temples de la région.
Autour de l’église, un village se transforme
L’église demeure le cœur symbolique d’une communauté dont l’économie et le paysage évoluent au rythme du tourisme, des travaux publics et des loisirs.
La villégiature
Le train amène des visiteurs attirés par les lacs, la pêche et les paysages. Hôtels, auberges, chalets et maisons de repos contribuent à la vocation touristique de la région.
La pisciculture
Aménagée durant la crise économique, la pisciculture procure du travail aux habitants. Elle devient ensuite une attraction très fréquentée, avec ses bassins, son aquarium et son petit zoo.
Le mont Blanc
Les premières installations de ski prennent progressivement de l’ampleur. Le regroupement de plusieurs versants donne naissance au centre qui porte aujourd’hui le nom de mont Blanc.
Trois communautés, une même paroisse
Au fil du XXe siècle, le territoire paroissial se transforme. Sainte-Jeanne-d’Arc dessert Lac-Carré à partir de 1943, tandis que la desserte Saint-Pie-X répond dès 1961 aux besoins de Lac-Supérieur.
En 2003, Saint-Faustin, Sainte-Jeanne-d’Arc et Saint-Pie-X choisissent de réunir leurs forces sous un nouveau vocable : la paroisse Sainte-Trinité. Depuis 2006, l’église Saint-Faustin demeure son lieu de culte.
Une histoire à contempler et à transmettre
Plus qu’un témoin du passé, l’église Saint-Faustin demeure un lieu vivant, au service d’une communauté qui veille sur son héritage.